mardi 10 janvier 2017

Voyage de noces au Cap Vert


Pour notre voyage de noces, on voulait tout! La plage, la randonnée, la ville, la campagne,  la mer et la montagne. Nous avons donc regardé les îles et là, ni trop touristique ni trop sauvage, nous avons trouvé le Cap Vert ! Guide en poche (grâce à la bibliothèque Germaine Tillion), nous sommes partis pour deux semaines d’aventures sur le petit archipel de 10 îles au large du Sénégal. C’est l’ensemble des îles sur la carte, mais le marqueur est sur la plus grosse île, Santiago, où l’on a atterri dans la nuit.


Le Cap Vert est un pays de métisses très accueillants et souvent polyglottes (difficile de vivre en autarcie sur des îles désertiques l’essentiel de l’année…). Il n’y a pas de bêtes dangereuses (serpents, scorpions, requins, etc.) mais quelques courants peuvent être dangereux. Bref, un véritable havre de paix !
Dans l’avion, nous avons rencontré un Cap Verdien très sympa de notre âge qui décide de nous inviter chez lui sur une autre île si on passe par là, ça c’est de l’hospitalité ! Mais dans la capitale, Praia, les gens sont assez différents : les taxis se sont entendus sur les prix pour faire payer 10 fois le prix de la course alors que l’aéroport est à moins de 10 minutes du centre-ville.
On a peu apprécié Santiago, ville agréable mais avec assez peu de choses à découvrir et des plages sales. L’île suivante, Sao Nicolau (découverte un 6 décembre, d’où le nom), est très peu touristique et magnifique : c’est notre île préférée. On partage donc nos quatre jours d’aventure là-bas !


Le port de Tarrafal, un seul quai pour le ferry, mais de nombreux pêcheurs

Nous avons commencé par un accostage tardif à 2h du matin dans le port de Tarrafal, après une traversée de 7h30 avec des Capverdiens malades pendant tout le trajet et 6h de retard. « Relax, Capo Verde » comme le dit le slogan touristique. Bref, à deux heures du matin, avec nos sacs à dos, on erre dans les rues du port et on tombe sur un groupe qui zone sous un lampadaire. Avec un espagnol bancal qu’on espère proche du créole-portugais, nous essayons de faire comprendre que nous cherchons la plus belle pension de la ville, la Casa Aquario. Justement, l’un d’entre eux travaille là-bas ! Il nous guide jusqu’à une humble bicoque, où un Hollandais en slip de 82 ans nous accueille en pleine nuit. Et là, surprise, quand la lumière s’allume dans la chambre on peut apercevoir les nuées de cafards qui grouillent dans tous les sens ! La scène est surréaliste, mais effondrés de fatigue, on s’endort en un clin d’œil.

   
Petit-déjeuner à la Casa Aquario, les pieds dans le sable

Le lendemain, petit-déjeuner paradisiaque devant la mer les pieds dans le sable. On décide de partir à la découverte d’une des plus belles plages du monde d’après notre guide, Baia Debaixo de Rocha (indiquée sur la carte par le parasol et les vagues). 6km au milieu de nulle part, une sacrée balade ! On prend des sandwichs et on part pour une première randonnée. Pris en stop par des Capverdiens qui se rendaient justement là-bas, on découvre une plage incroyable, avec un sable très fin et une eau transparente remplie de poissons (rougets, murènes, poisson-chat, etc.). Le sable blanc change des plages basaltiques qui sont partout sur l’île, et on peut voir la faune d’autant mieux. 500 mètres de plage à peine, grand soleil, seuls ou presque (les Capverdiens sont repartis, puis deux Toulousains sont arrivés). Mais nager avec un tuba et un masque a ses défauts et le soir on découvre que la crème solaire n’a pas suffi : on a bien cuit sur le dos ! On trouve une crème hydratante de retour au port, et on prépare déjà la randonnée du lendemain avec notre hôte hollandais, qui s’avère être un psychologue spécialisé dans la délinquance juvénile aujourd'hui à la retraite.

La longue route jusqu’à Baia Debaixo de Rocha

Après une deuxième nuit avec les cafards, on repart vers l’intérieur des terres. Nous prenons un taxi commun pour rejoindre le point le plus au nord de l’île en longeant la côte, tandis que nos sacs partent dans un autre taxi vers Ribeira Brava, la capitale de l’île. Le gérant de la pension nous a conseillé une promenade magnifique, avec ascension dans les montagnes vers le Monte Gordo, la plus haute montagne de l’île.
La montée est belle, on traverse un petit village, le premier sur la carte. Sous la chaleur, nos 4 litres et demi d’eau commencent à fondre, mais pas d’inquiétude, plusieurs villages sont indiqués sur la route. Mais la cartographie capverdienne place des villes sur la carte, avec le même code couleur, même si… elles n’existent plus depuis plusieurs siècles ! On rationne sur le reste de la route.

La vallée avec le dernier village habité avant la banlieue de Ribeira Brava

On continue notre randonnée de 8 heures sous le soleil, avec des paysages à couper le souffle, et une rencontre improbable : un vieux monsieur tirant une mule dans la montagne, pas loin d’une petite maison en argile avec un petit potager. Très souriant, il évoque une vague histoire de famille qui vivait ici il y a longtemps, mais c’est difficile de la comprendre. On visite les villages en ruine en chemin, jusqu’à atteindre enfin un premier village à côté de Ribeira.


 

Ce village annonce la dernière crête avant d’arriver sur une route pour la capitale de l’île, construite à l’intérieur des terres pour réchapper aux nombreux raids de pirates et corsaires dont notamment Sir Francis Drake, qui a détruit l’ancienne capitale en bord de mer il y a plusieurs siècles. On est épuisé, mais ravis. Sur la fin de la balade, nous rejoignons une famille hollandaise très sympa, les premiers touristes blancs que l’on croise sur l’île. Le temps d’attraper un taxi collectif, et nous repartons aussitôt vers notre nouvelle pension.
Ensuite nous avons vécu la fête de l’agriculture, retrouvé un Capverdien francophone de Tarrafal, et nous sommes repartis à l’assaut de la plus haute montagne de l’île (1300 mètres au-dessus de la mer), et nous avons attrapé un vol pour une autre île. Mais pour rester concis, on se limite à ce récit, on vous racontera le reste de vive voix. N’hésitez pas à nous dire si vous vous rendez dans ce beau pays un jour, c’est vraiment la population la plus accueillante du monde, dans un environnement encore très peu touristique !

Ascension du Monte Gordo, la montagne la plus haute de l’île


A très bientôt pour la galette !!!


M&S

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